Wéi wëll Lëtzebuerg déi europäesch Altersverifikatiouns-App ëmsetzen an notzen?

Reply available
Françoise KEMP
Ricardo MARQUES

Monsieur le Président, 

Conformément à l’article 80 du règlement de la Chambre, nous vous prions de bien vouloir transmettre la présente question parlementaire à Madame la ministre de la Digitalisation ainsi qu’à Madame la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Médias et la Connectivité. 

En date du 15 avril 2026, la Commission européenne a annoncé qu’une application européenne de vérification d’âge était techniquement prête à être déployée dans les États membres. Cette solution vise à permettre une vérification fiable de l’âge des utilisateurs, tout en garantissant un haut niveau de protection des données personnelles. Il ressort en outre que cette solution s’inscrit dans une logique ouverte, reposant notamment sur un modèle open source permettant une réutilisation et une adaptation par les États membres et les acteurs concernés.

Dans ce contexte, nous souhaitons poser les questions suivantes à Madame la Ministre de la Digitalisation ainsi qu’à Madame la Ministre chargée des Médias et de la Connectivité :

  1. Le Centre des technologies de l’information de l’État (CTIE) a-t-il participé, contribué ou manifesté son intérêt à participer au développement de cette application européenne ?

  2. Madame la ministre de la Digitalisation peut-elle préciser si le Luxembourg entend recourir à cette solution européenne, sachant qu’aucune obligation d’utilisation n’est imposée aux États membres ? Le cas échéant, envisage-t-on de développer une application nationale personnalisée sur la base du code source mis à disposition, ou d'intégrer directement la solution générique européenne ?

  3. Quel calendrier détaillé Madame la Ministre peut-elle présenter pour la mise en œuvre de cette application au Luxembourg, en précisant les différentes phases prévues pour le déploiement effectif ?

  4. Cette application est-elle destinée à être intégrée dans le portefeuille numérique européen, dans les dispositifs nationaux existants ou dans d’autres solutions d’identité numérique utilisées au Luxembourg ?

  5. Cette solution pourra-t-elle être utilisée, en pratique, comme outil de vérification d’âge pour l’accès à des services numériques accessibles depuis le Luxembourg, y compris, le cas échéant, pour l’accès des mineurs aux réseaux sociaux ?

  6. Au regard des récents échanges au niveau européen sur la régulation de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, Madame la Ministre chargée des Médias et de la Connectivité peut-elle indiquer où en sont actuellement les discussions, quels scénarios sont envisagés, notamment en ce qui concerne une éventuelle harmonisation de l’âge d’accès, et de quelle manière le Luxembourg participe à ces travaux ou y fait valoir sa position ?

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées.

Françoise Kemp

Députée 

Ricardo Marques

Député

Nancy Arendt

Députée 

Reply to the question

1.Le Centre des technologies de l’informa􀆟on de l’État (CTIE) a-t-il par􀆟cipé, contribuéou manifesté son intérêt à par􀆟ciper au développement de cete applica􀆟oneuropéenne ?
Le ministère de la Digitalisa􀆟on et le CTIE ont par􀆟cipé à des réunions et présenta􀆟ons de la Commission européenne et de leurs prestataires à ce sujet. Ils n’ont pas contribué directement au développement de cete applica􀆟on, celle-ci ayant été développée par des sociétés privées (Scytales et T-Systems) pour le compte de la Commission.
2.Madame la ministre de la Digitalisa􀆟on peut-elle préciser si le Luxembourg entendrecourir à cete solu􀆟on européenne, sachant qu’aucune obliga􀆟on d’u􀆟lisa􀆟on n’estimposée aux États membres ? Le cas échéant, envisage-t-on de développer uneapplica􀆟on na􀆟onale personnalisée sur la base du code source mis à disposi􀆟on, oud'intégrer directement la solu􀆟on générique européenne ?
Étant donné que la fonc􀆟onnalité de vérifica􀆟on d’âge sera intégrée à l’EUDI Wallet luxembourgeois, la posi􀆟on du Luxembourg, partagée par de nombreux États membres, est de ne pas recourir à cete applica􀆟on européenne. Il ne s’agit donc ni de développer une applica􀆟on na􀆟onale personnalisée sur la base du code source mis à disposi􀆟on, ni d’intégrer directement la solu􀆟on générique. La vérifica􀆟on d’âge se ferait à l’aide de l’EUDI Wallet.
3.Quel calendrier détaillé Madame la Ministre peut-elle présenter pour la mise en oeuvrede cete applica􀆟on au Luxembourg, en précisant les différentes phases prévues pour ledéploiement effec􀆟f ?
Étant donné que, comme vu dans la réponse à la ques􀆟on précédente, le Luxembourg mise sur l’EUDI Wallet et non sur l’applica􀆟on développée par la Commission, il n’existe aucun calendrier pour la mise en oeuvre de cete applica􀆟on. N°3930
Entrée le 18.05.2026
Chambre des Députés
4. Cete applica􀆟on est-elle des􀆟née à être intégrée dans le portefeuille numérique européen, dans les disposi􀆟fs na􀆟onaux existants ou dans d’autres solu􀆟ons d’iden􀆟té numérique u􀆟lisées au Luxembourg ?
Au Luxembourg, comme précisé plus haut, l’applica􀆟on n’est ni prévue en « stand-alone », ni comme applica􀆟on intégrée dans d’autres applica􀆟ons ou solu􀆟ons. Cependant, la fonc􀆟onnalité de vérifica􀆟on de l’âge sans divulga􀆟on d’informa􀆟ons personnelles supplémentaires (nom, date de naissance, etc.), et sans « traçage » possible de la part de l’État ou d’autres par􀆟es prenantes est prévue dans le cadre de l’EUDI Wallet.
5. Cete solu􀆟on pourra-t-elle être u􀆟lisée, en pra􀆟que, comme ou􀆟l de vérifica􀆟on d’âge pour l’accès à des services numériques accessibles depuis le Luxembourg, y compris, le cas échéant, pour l’accès des mineurs aux réseaux sociaux ?
Au Luxembourg, la fonc􀆟onnalité « vérifica􀆟on d’âge » de l’EUDI Wallet sera une solu􀆟on technique u􀆟lisable pour réguler l’accès aux réseaux sociaux, aux contenus et services pour adultes et plus généralement à tout service numérique nécessitant une vérifica􀆟on d’âge à l’aide d’une applica􀆟on.
6. Au regard des récents échanges au niveau européen sur la régula􀆟on de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, Madame la Ministre chargée des Médias et de la Connec􀆟vité peut-elle indiquer où en sont actuellement les discussions, quels scénarios sont envisagés, notamment en ce qui concerne une éventuelle harmonisa􀆟on de l’âge d’accès, et de quelle manière le Luxembourg par􀆟cipe à ces travaux ou y fait valoir sa posi􀆟on ?
La protec􀆟on des mineurs en ligne cons􀆟tue une priorité pour le gouvernement. L'objec􀆟f est de garan􀆟r un environnement en ligne sûr et adapté à l'âge de ses u􀆟lisateurs, permetant aux enfants et aux jeunes de 􀆟rer par􀆟 des opportunités offertes par l'environnement numérique, tout en étant efficacement protégés contre les risques que représente l'exposi􀆟on à des contenus et des fonc􀆟onnalités préjudiciables. À défaut d’orienta􀆟ons et de progrès clairs concernant la majorité numérique au niveau européen d’ici la fin de l’année, le gouvernement prendra sa responsabilité au niveau na􀆟onal.
Le Luxembourg donne cependant priorité à une approche européenne commune au sujet de l'introduc􀆟on d'une majorité numérique et fait par􀆟e des États membres de l'Union Européenne ayant adopté la déclara􀆟on de Jutland le 10 octobre 2025 qui va dans ce sens. Celle-ci préconise notamment la mise en place de mécanismes de vérifica􀆟on de l'âge efficaces et respectueuses de la vie privée sur les réseaux sociaux et autres services numériques présentant un risque significa􀆟f pour les mineurs. En plus de la vérifica􀆟on de l'âge, la déclara􀆟on de Jutland prévoit
aussi de garan􀆟r à l'échelle européenne le plus haut niveau de confiden􀆟alité, de sécurité et de protec􀆟on « dès la concep􀆟on » et « par défaut » pour les mineurs, tout en adaptant progressivement les fonc􀆟onnalités à leurs capacités croissantes.
Aussi, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a cons􀆟tué un groupe d’experts chargé de formuler des recommanda􀆟ons dans un avenir proche. Ce groupe d’experts s’est réuni jusqu’à présent à deux reprises et est mandaté pour examiner les ques􀆟ons clés liées à la sécurité en ligne des enfants, telles que l’introduc􀆟on d’une limite d’âge harmonisée pour l’accès aux réseaux sociaux au sein de l’Union européenne, la mise en place de protec􀆟ons adaptées à l’âge et au niveau de risque, ainsi que des mesures éduca􀆟ves visant à promouvoir une u􀆟lisa􀆟on responsable des réseaux sociaux. D’ici l’été 2026, il remetra ses recommanda􀆟ons afin d’orienter d’éventuelles ac􀆟ons supplémentaires au niveau de l’UE.
En parallèle, un groupe de travail interministériel consacré à la protec􀆟on des mineurs à l’ère numérique a été mis en place au niveau na􀆟onal à l’été 2025. Ce groupe a pour mission d’aborder de manière transversale les ques􀆟ons liées à la majorité numérique et à la vérifica􀆟on de l’âge, ainsi que de préparer des solu􀆟ons coordonnées à l’échelle na􀆟onale.
Le Gouvernement fait ainsi progresser ac􀆟vement sa posi􀆟on tant au niveau na􀆟onal qu’européen. À cet égard, lors du Conseil informel « Télécommunica􀆟ons » de l’Union européenne, tenu les 29 et 30 avril 2026 à Nicosie sous présidence chypriote, le Luxembourg, aux côtés de nombreux autres États membres, a une nouvelle fois souligné auprès de la Commission européenne l’importance d’une réglementa􀆟on commune rela􀆟ve à la majorité numérique et à l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, afin de renforcer efficacement la protec􀆟on des jeunes en ligne.
Pour con􀆟nuer à maintenir ce sujet à l’agenda des décideurs poli􀆟ques européens et de poursuivre les efforts visant à mobiliser la Commission européenne, on a décidé de faire de la protec􀆟on des mineurs à l’ère numérique un sujet central de la réunion du D9+ que le Luxembourg accueillera le 8 juin prochain. Cete alliance informelle regroupe 13 pays européens ainsi que la Commission européenne, et vise à promouvoir l'économie numérique.
Le sujet est donc actuellement traité à tous les niveaux et dans tous les forums per􀆟nents, et le Luxembourg par􀆟cipe à ces discussions de manière proac􀆟ve.
Luxembourg, le 18/05/2026.
La Ministre de la Digitalisation
(s.) Stéphanie Obertin

Reply received: May 18, 2026