1.Comment entendez-vous définir le rôle, les missions, les qualificaons et les prérequis du personnelencadrant socio-éducaf afin qu’il demeure un élément central du travail de jeunesse dans lenouveau cadre de référence ?
2.Comment les dimensions pédagogiques essenelles, notamment le travail relaonnel,l’accompagnement individualisé et la construcon d’un lien de confiance avec les jeunes, seront-elles explicitement définies et opéraonnalisées dans le futur cadre de référence ?
Le cadre de référence naonal sur l’éducaon non formelle des enfants et des jeunes, prévu par la loimodifiée sur la jeunesse, définit les objecfs pédagogiques ainsi que les principes fondamentaux del’éducaon non formelle. Il s’adresse notamment aux services pour jeunes convenonnés, dont lesservices de rencontre, d’informaon et d’animaon pour jeunes (« maisons de jeunes »).
Ce cadre de référence fixe des orientaons pédagogiques communes pour le travail avec les jeunes,sans pour autant constuer un modèle uniforme imposant une mise en oeuvre idenque surl’ensemble du territoire. Dès lors, la noon d’« axe structurant » doit être comprise dans ce contexte :le cadre définit des principes généraux, tandis que les modalités concrètes de mise en oeuvre restentadaptées aux réalités locales à travers le concept d’acon général que chaque service est tenud’élaborer.
Afin de tenir compte de l’évoluon du terrain, le cadre de référence est régulièrement adapté. À ceteffet, il fait actuellement l’objet d’un échange approfondi et structuré avec les acteurs et professionnelsdu secteur de la jeunesse, afin de garanr une adaptaon opmale aux besoins et aux réalités deterrain. Étant donné que ces échanges sont toujours en cours, il est encore trop tôt pour fournir desinformaons détaillées sur chaque aspect du document.
Il comprend une pare générale, qui décrit la percepon du jeune, le cadre général du travail avec lesjeunes ainsi que le rôle du personnel éducaf, et une pare plus spécifique consacrée aux approchespropres aux différents types de services (services de rencontre, d’informaon et d’animaon, servicesde formaon, etc.).
La pare générale comprend notamment les dimensions pédagogiques essenelles, telles que letravail relaonnel, le souen individualisé et la construcon d’un lien de confiance avec les jeunes. Ceséléments resteront d’actualité, puisqu’ils constuent des composantes clés du travail avec les jeunes.
3. Le travail de proximité étant actuellement mis en oeuvre de manière variable selon les réalités locales, entendez-vous en faire un axe structurant explicite du nouveau cadre de référence, et comment garanr une mise en oeuvre cohérente sur l’ensemble du territoire ?
Les services pour jeunes, et en parculier les maisons de jeunes, ont vocaon à accueillir une grande diversité de jeunes. Étant donné qu’il n’est pas toujours évident pour les jeunes de trouver le chemin vers ces structures, il est essenel que les maisons de jeunes déploient des efforts afin de promouvoir leurs offres et d’encourager les jeunes à les fréquenter.
Cela peut se faire de différentes manières, notamment à travers la communicaon autour des offres proposées et le travail de proximité. Ce volet du travail des maisons de jeunes connuera à constuer une mission essenelle.
La manière dont le travail de proximité est mis en oeuvre peut toutefois varier d’une localité à une autre. Une approche encouragée consiste à développer des acons d’animaon pédagogique en dehors de la maison de jeunes, dans les lieux fréquentés par les jeunes, tels que les parcs, les places publiques ou d’autres espaces de rencontre de la commune. Elle permet d’ateindre plus facilement les jeunes qui ne fréquentent pas régulièrement les structures fixes et offre la possibilité de les accompagner au plus près de leur cadre de vie. Cete approche est encouragée de manière cohérente sur l’ensemble du territoire, tout en laissant la flexibilité nécessaire pour tenir compte des réalités et besoins spécifiques de chaque commune.
4. Entendez-vous intégrer explicitement la noon de transion dans les parcours de vie des jeunes comme axe structurant du futur cadre de référence ? Dans l’affirmave, sous quelle forme concrète et avec quelle arculaon avec les missions existantes des services socio-éducafs ?
La noon de transion dans le parcours de vie des jeunes recouvre des réalités très diverses. La jeunesse constue une période marquée par des changements émoonnels, physiques et sociaux, durant laquelle les jeunes construisent progressivement leur identé, gagnent en autonomie par rapport au foyer familial et font face à de nouvelles expériences et responsabilités. Ces transions peuvent également concerner le passage d’un disposif d’accueil, tel qu’une maison relais, vers une maison de jeunes, ou encore le passage de la vie scolaire à la vie professionnelle.
La prise en compte de ces transions s’inscrit naturellement dans le champ d’acon du travail de jeunesse. Il est dès lors essenel que tout travailleur de jeunesse soit atenf à ces réalités et puisse offrir aux jeunes des repères, un souen relaonnel et une orientaon adaptée lorsque cela s’avère nécessaire, dans le respect du rôle spécifique du secteur de la jeunesse et en complémentarité avec les autres acteurs spécialisés dans ces domaines, tels que les services socio-éducafs des lycées, les services de l’emploi ou les services sociaux.
5. Comment seront définies les missions respecves du personnel socio-éducaf dans les différents disposifs, notamment en ce qui concerne l’équilibre entre accompagnement individuel, suivi des parcours, travail de proximité, animaon de groupes, coordinaon de projets et travail en réseau ?
Le cadre de référence décrit les objecfs généraux ainsi que les principes pédagogiques fondamentaux guidant l’acon des services pour jeunes. Il n’a toutefois pas vocaon à définir de manière détaillée l’étendue de chaque aspect du travail avec les jeunes.
Ces éléments sont précisés dans le concept d’acon général, qui décrit les choix méthodologiques, les priorités et les moyens pédagogiques mis en oeuvre par chaque service afin de contribuer aux objecfs fixés par le cadre de référence naonal. Cete approche permet aux différents types de services d’adapter leurs acons aux réalités et besoins locaux.
6. Dans votre réponse à la queson parlementaire n°3702, vous indiquez que huit projets d’élargissement du réseau des maisons des jeunes sont actuellement en cours de développement en collaboraon avec les communes. Pouvez-vous préciser de quels projets il s’agit, leur localisaon, leur état d’avancement ainsi que les critères ayant présidé à leur sélecon ?
Une nouvelle maison de jeunes a ouvert ses portes au mois de mai à Strassen. Par ailleurs, une convenon de cofinancement relave à une nouvelle maison de jeunes a été signée avec la commune de Boulaide. Enfin, le ministère a émis un avis favorable au projet de maison de jeunes à Leudelange.
En complément de ces trois projets déjà concrésés ou formalisés, cinq autres iniaves sont actuellement en cours d’élaboraon ou font encore l’objet de discussions avec les communes concernées (deux dans la région Nord, deux dans la région Centre, une dans la région Sud). Dans la mesure où ces échanges se trouvent à un stade exploratoire et qu’aucun engagement formel n’a encore été conclu, il n’est pas possible, à ce stade, de fournir davantage de précisions quant à leur mise en oeuvre. Étant donné que la responsabilité de ces projets relève des communes concernées, le ministère veille à faire preuve de retenue dans sa communicaon à ce sujet.
Les projets concernés relèvent avant tout de l’iniave des communes, qui développent leurs offres en foncon des besoins et réalités idenfiés au niveau local. Le cadre actuel prévoit un cofinancement, par le ministère, du fonconnement et de l’encadrement de ces structures, lequel s’élève en principe à 50 % des frais totaux. À cet égard, je renvoie à ma réponse à la queson parlementaire n° 3702, dans laquelle j’ai précisé que le nouveau cadre introduit en 2026 prévoit le cofinancement d’un équivalent temps plein (ETP) pour un maximum de 500 jeunes.
7. Le ministère prévoit-il de réaliser une analyse d’impact des réformes prévues sur le secteur convenonné intervenant dans l’éducaon non formelle des enfants et des jeunes, afin d’évaluer les effets des nouvelles missions sur l’organisaon du secteur, la réparon des missions, les besoins futurs en maère d’accompagnement socio-éducaf ainsi que les critères selon lesquels ces missions seront répares entre les différents acteurs et les différentes régions du pays ?
De prime abord, je souhaite souligner que le ministère ne prévoit pas de redéfinion fondamentale des missions des services pour jeunes. Les missions des services pour jeunes, et notamment celles des services de rencontre, d’animaon et d’informaon pour jeunes, restent inchangées.
Il est toutefois exact que le programme gouvernemental met davantage l’accent sur le développement et le renforcement des offres d’acvités desnées aux jeunes. C’est également dans ce contexte que s’inscrivent mes déclaraons devant la Commission de l’Éducaon naonale, de l’Enfance et de la Jeunesse lors de la présentaon du Rapport sur la jeunesse en mars 2026. À cete occasion, j’ai souligné la nécessité d’ouvrir davantage les maisons de jeunes afin de toucher un public plus large grâce à des offres plus diversifiées et accessibles à bas seuil. Un accent accru sera donc mis sur le développement et la diversificaon des offres proposées aux jeunes.
En ce qui concerne le suivi du secteur, il convient de noter que chaque service est tenu de tenir un journal de bord servant à la documentaon connue du travail pédagogique et des acvités réalisées. Grâce à une consignaon systémaque et à une réflexion régulière sur les praques, cet oul contribue à l’assurance qualité et constue une base importante pour l’évaluaon, les processus d’apprenssage ainsi que le développement connu de la qualité. Les lignes directrices relaves au journal de bord seront adaptées afin de permetre une meilleure analyse de l’évoluon des services et de leurs acvités.
Par ailleurs, des études spécifiques consacrées au travail avec les jeunes sont régulièrement menées en collaboraon avec l’Université du Luxembourg, permetant ainsi d’apporter un éclairage complémentaire sur les évoluons du secteur.
Enfin, un dialogue structuré avec les différentes pares prenantes a été mis en place. Dans ce cadre, les représentants du Syndicat des villes et communes luxembourgeoises (SYVICOL), des gesonnaires de services pour jeunes ainsi que du ministère se réunissent régulièrement au sein d’un « Comité de pilotage jeunesse ».
Ce comité constue une plateforme d’échange sur les priorités poliques du secteur de la jeunesse, l’élaboraon et la mise en oeuvre du Cadre de référence pour l’éducaon non formelle (volet « Jeunesse »), le développement et le suivi du « Pacte pour la jeunesse », ainsi que sur les évoluons et les besoins du secteur.
Luxembourg, le 28 mai 2026
Le Ministre de l’Éducaon naonale,
de l’Enfance et de la Jeunesse
(s.) Claude MEISCH