Wéi wëllt d’Regierung d’Roll vum sozio-edukative Personal am neie Kader vun der Jugendaarbecht definéieren?

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Ricardo MARQUES

Monsieur le Président,

Conformément à l’article 80 du règlement de la Chambre des Députés, je vous prie de bien
vouloir transmettre la question parlementaire suivante à Monsieur la Ministre de
l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse.
Dans le cadre de l’élaboration du nouveau cadre de référence pour le travail de jeunesse,
plusieurs éléments relatifs à la cohérence des dispositifs et à la qualité de
l’accompagnement socio-éducatif soulèvent des interrogations.
Il ressort des discussions en cours autour de l’élaboration du nouveau cadre de référence
que certaines dimensions fondamentales du travail de jeunesse, telles que le travail
relationnel, le travail socio-éducatif de proximité en milieu ouvert, ainsi que
l’accompagnement des jeunes dans leurs transitions de vie, notamment les passages entre
école, formation, emploi, logement et autonomie, pourraient utilement être davantage
intégrées comme axes structurants du futur cadre.
Dans ce contexte, je souhaiterais poser les questions suivantes à Monsieur le Ministre de
l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse :
1) Comment entendez-vous définir le rôle, les missions, les qualifications et les prérequis
du personnel encadrant socio-éducatif afin qu’il demeure un élément central du travail
de jeunesse dans le nouveau cadre de référence ?
2) Comment les dimensions pédagogiques essentielles, notamment le travail relationnel,
l’accompagnement individualisé et la construction d’un lien de confiance avec les
jeunes, seront-elles explicitement définies et opérationnalisées dans le futur cadre de
référence ?
3) Le travail de proximité étant actuellement mis en oeuvre de manière variable selon les
réalités locales, entendez-vous en faire un axe structurant explicite du nouveau cadre
de référence, et comment garantir une mise en oeuvre cohérente sur l’ensemble du
territoire ?
4) Entendez-vous intégrer explicitement la notion de transition dans les parcours de vie
des jeunes comme axe structurant du futur cadre de référence ? Dans l’affirmative, sous
quelle forme concrète et avec quelle articulation avec les missions existantes des
services socio-éducatifs ?
5) Comment seront définies les missions respectives du personnel socio-éducatif dans les
différents dispositifs, notamment en ce qui concerne l’équilibre entre accompagnement
individuel, suivi des parcours, travail de proximité, animation de groupes, coordination
de projets et travail en réseau ?
6) Dans votre réponse à la question parlementaire n°3702, vous indiquez que huit projets
d’élargissement du réseau des maisons des jeunes sont actuellement en cours de
développement en collaboration avec les communes. Pouvez-vous préciser de quels
projets il s’agit, leur localisation, leur état d’avancement ainsi que les critères ayant
présidé à leur sélection ?
7) Le ministère prévoit-il de réaliser une analyse d’impact des réformes prévues sur le
secteur conventionné intervenant dans l’éducation non formelle des enfants et des
jeunes, afin d’évaluer les effets des nouvelles missions sur l’organisation du secteur, la
répartition des missions, les besoins futurs en matière d’accompagnement socio-éducatif
ainsi que les critères selon lesquels ces missions seront réparties entre les différents
acteurs et les différentes régions du pays ?


Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.

Ricardo Marques
Député

Äntwert op d'Fro

1.Comment entendez-vous définir le rôle, les missions, les qualifica􀆟ons et les prérequis du personnelencadrant socio-éduca􀆟f afin qu’il demeure un élément central du travail de jeunesse dans lenouveau cadre de référence ?
2.Comment les dimensions pédagogiques essen􀆟elles, notamment le travail rela􀆟onnel,l’accompagnement individualisé et la construc􀆟on d’un lien de confiance avec les jeunes, seront-elles explicitement définies et opéra􀆟onnalisées dans le futur cadre de référence ?
Le cadre de référence na􀆟onal sur l’éduca􀆟on non formelle des enfants et des jeunes, prévu par la loimodifiée sur la jeunesse, définit les objec􀆟fs pédagogiques ainsi que les principes fondamentaux del’éduca􀆟on non formelle. Il s’adresse notamment aux services pour jeunes conven􀆟onnés, dont lesservices de rencontre, d’informa􀆟on et d’anima􀆟on pour jeunes (« maisons de jeunes »).
Ce cadre de référence fixe des orienta􀆟ons pédagogiques communes pour le travail avec les jeunes,sans pour autant cons􀆟tuer un modèle uniforme imposant une mise en oeuvre iden􀆟que surl’ensemble du territoire. Dès lors, la no􀆟on d’« axe structurant » doit être comprise dans ce contexte :le cadre définit des principes généraux, tandis que les modalités concrètes de mise en oeuvre restentadaptées aux réalités locales à travers le concept d’ac􀆟on général que chaque service est tenud’élaborer.
Afin de tenir compte de l’évolu􀆟on du terrain, le cadre de référence est régulièrement adapté. À ceteffet, il fait actuellement l’objet d’un échange approfondi et structuré avec les acteurs et professionnelsdu secteur de la jeunesse, afin de garan􀆟r une adapta􀆟on op􀆟male aux besoins et aux réalités deterrain. Étant donné que ces échanges sont toujours en cours, il est encore trop tôt pour fournir desinforma􀆟ons détaillées sur chaque aspect du document.
Il comprend une par􀆟e générale, qui décrit la percep􀆟on du jeune, le cadre général du travail avec lesjeunes ainsi que le rôle du personnel éduca􀆟f, et une par􀆟e plus spécifique consacrée aux approchespropres aux différents types de services (services de rencontre, d’informa􀆟on et d’anima􀆟on, servicesde forma􀆟on, etc.).
La par􀆟e générale comprend notamment les dimensions pédagogiques essen􀆟elles, telles que letravail rela􀆟onnel, le sou􀆟en individualisé et la construc􀆟on d’un lien de confiance avec les jeunes. Ceséléments resteront d’actualité, puisqu’ils cons􀆟tuent des composantes clés du travail avec les jeunes.
3. Le travail de proximité étant actuellement mis en oeuvre de manière variable selon les réalités locales, entendez-vous en faire un axe structurant explicite du nouveau cadre de référence, et comment garan􀆟r une mise en oeuvre cohérente sur l’ensemble du territoire ?
Les services pour jeunes, et en par􀆟culier les maisons de jeunes, ont voca􀆟on à accueillir une grande diversité de jeunes. Étant donné qu’il n’est pas toujours évident pour les jeunes de trouver le chemin vers ces structures, il est essen􀆟el que les maisons de jeunes déploient des efforts afin de promouvoir leurs offres et d’encourager les jeunes à les fréquenter.
Cela peut se faire de différentes manières, notamment à travers la communica􀆟on autour des offres proposées et le travail de proximité. Ce volet du travail des maisons de jeunes con􀆟nuera à cons􀆟tuer une mission essen􀆟elle.
La manière dont le travail de proximité est mis en oeuvre peut toutefois varier d’une localité à une autre. Une approche encouragée consiste à développer des ac􀆟ons d’anima􀆟on pédagogique en dehors de la maison de jeunes, dans les lieux fréquentés par les jeunes, tels que les parcs, les places publiques ou d’autres espaces de rencontre de la commune. Elle permet d’ateindre plus facilement les jeunes qui ne fréquentent pas régulièrement les structures fixes et offre la possibilité de les accompagner au plus près de leur cadre de vie. Cete approche est encouragée de manière cohérente sur l’ensemble du territoire, tout en laissant la flexibilité nécessaire pour tenir compte des réalités et besoins spécifiques de chaque commune.
4. Entendez-vous intégrer explicitement la no􀆟on de transi􀆟on dans les parcours de vie des jeunes comme axe structurant du futur cadre de référence ? Dans l’affirma􀆟ve, sous quelle forme concrète et avec quelle ar􀆟cula􀆟on avec les missions existantes des services socio-éduca􀆟fs ?
La no􀆟on de transi􀆟on dans le parcours de vie des jeunes recouvre des réalités très diverses. La jeunesse cons􀆟tue une période marquée par des changements émo􀆟onnels, physiques et sociaux, durant laquelle les jeunes construisent progressivement leur iden􀆟té, gagnent en autonomie par rapport au foyer familial et font face à de nouvelles expériences et responsabilités. Ces transi􀆟ons peuvent également concerner le passage d’un disposi􀆟f d’accueil, tel qu’une maison relais, vers une maison de jeunes, ou encore le passage de la vie scolaire à la vie professionnelle.
La prise en compte de ces transi􀆟ons s’inscrit naturellement dans le champ d’ac􀆟on du travail de jeunesse. Il est dès lors essen􀆟el que tout travailleur de jeunesse soit aten􀆟f à ces réalités et puisse offrir aux jeunes des repères, un sou􀆟en rela􀆟onnel et une orienta􀆟on adaptée lorsque cela s’avère nécessaire, dans le respect du rôle spécifique du secteur de la jeunesse et en complémentarité avec les autres acteurs spécialisés dans ces domaines, tels que les services socio-éduca􀆟fs des lycées, les services de l’emploi ou les services sociaux.
5. Comment seront définies les missions respec􀆟ves du personnel socio-éduca􀆟f dans les différents disposi􀆟fs, notamment en ce qui concerne l’équilibre entre accompagnement individuel, suivi des parcours, travail de proximité, anima􀆟on de groupes, coordina􀆟on de projets et travail en réseau ?
Le cadre de référence décrit les objec􀆟fs généraux ainsi que les principes pédagogiques fondamentaux guidant l’ac􀆟on des services pour jeunes. Il n’a toutefois pas voca􀆟on à définir de manière détaillée l’étendue de chaque aspect du travail avec les jeunes.
Ces éléments sont précisés dans le concept d’ac􀆟on général, qui décrit les choix méthodologiques, les priorités et les moyens pédagogiques mis en oeuvre par chaque service afin de contribuer aux objec􀆟fs fixés par le cadre de référence na􀆟onal. Cete approche permet aux différents types de services d’adapter leurs ac􀆟ons aux réalités et besoins locaux.
6. Dans votre réponse à la ques􀆟on parlementaire n°3702, vous indiquez que huit projets d’élargissement du réseau des maisons des jeunes sont actuellement en cours de développement en collabora􀆟on avec les communes. Pouvez-vous préciser de quels projets il s’agit, leur localisa􀆟on, leur état d’avancement ainsi que les critères ayant présidé à leur sélec􀆟on ?
Une nouvelle maison de jeunes a ouvert ses portes au mois de mai à Strassen. Par ailleurs, une conven􀆟on de cofinancement rela􀆟ve à une nouvelle maison de jeunes a été signée avec la commune de Boulaide. Enfin, le ministère a émis un avis favorable au projet de maison de jeunes à Leudelange.
En complément de ces trois projets déjà concré􀆟sés ou formalisés, cinq autres ini􀆟a􀆟ves sont actuellement en cours d’élabora􀆟on ou font encore l’objet de discussions avec les communes concernées (deux dans la région Nord, deux dans la région Centre, une dans la région Sud). Dans la mesure où ces échanges se trouvent à un stade exploratoire et qu’aucun engagement formel n’a encore été conclu, il n’est pas possible, à ce stade, de fournir davantage de précisions quant à leur mise en oeuvre. Étant donné que la responsabilité de ces projets relève des communes concernées, le ministère veille à faire preuve de retenue dans sa communica􀆟on à ce sujet.
Les projets concernés relèvent avant tout de l’ini􀆟a􀆟ve des communes, qui développent leurs offres en fonc􀆟on des besoins et réalités iden􀆟fiés au niveau local. Le cadre actuel prévoit un cofinancement, par le ministère, du fonc􀆟onnement et de l’encadrement de ces structures, lequel s’élève en principe à 50 % des frais totaux. À cet égard, je renvoie à ma réponse à la ques􀆟on parlementaire n° 3702, dans laquelle j’ai précisé que le nouveau cadre introduit en 2026 prévoit le cofinancement d’un équivalent temps plein (ETP) pour un maximum de 500 jeunes.
7. Le ministère prévoit-il de réaliser une analyse d’impact des réformes prévues sur le secteur conven􀆟onné intervenant dans l’éduca􀆟on non formelle des enfants et des jeunes, afin d’évaluer les effets des nouvelles missions sur l’organisa􀆟on du secteur, la répar􀆟􀆟on des missions, les besoins futurs en ma􀆟ère d’accompagnement socio-éduca􀆟f ainsi que les critères selon lesquels ces missions seront répar􀆟es entre les différents acteurs et les différentes régions du pays ?
De prime abord, je souhaite souligner que le ministère ne prévoit pas de redéfini􀆟on fondamentale des missions des services pour jeunes. Les missions des services pour jeunes, et notamment celles des services de rencontre, d’anima􀆟on et d’informa􀆟on pour jeunes, restent inchangées.
Il est toutefois exact que le programme gouvernemental met davantage l’accent sur le développement et le renforcement des offres d’ac􀆟vités des􀆟nées aux jeunes. C’est également dans ce contexte que s’inscrivent mes déclara􀆟ons devant la Commission de l’Éduca􀆟on na􀆟onale, de l’Enfance et de la Jeunesse lors de la présenta􀆟on du Rapport sur la jeunesse en mars 2026. À cete occasion, j’ai souligné la nécessité d’ouvrir davantage les maisons de jeunes afin de toucher un public plus large grâce à des offres plus diversifiées et accessibles à bas seuil. Un accent accru sera donc mis sur le développement et la diversifica􀆟on des offres proposées aux jeunes.
En ce qui concerne le suivi du secteur, il convient de noter que chaque service est tenu de tenir un journal de bord servant à la documenta􀆟on con􀆟nue du travail pédagogique et des ac􀆟vités réalisées. Grâce à une consigna􀆟on systéma􀆟que et à une réflexion régulière sur les pra􀆟ques, cet ou􀆟l contribue à l’assurance qualité et cons􀆟tue une base importante pour l’évalua􀆟on, les processus d’appren􀆟ssage ainsi que le développement con􀆟nu de la qualité. Les lignes directrices rela􀆟ves au journal de bord seront adaptées afin de permetre une meilleure analyse de l’évolu􀆟on des services et de leurs ac􀆟vités.
Par ailleurs, des études spécifiques consacrées au travail avec les jeunes sont régulièrement menées en collabora􀆟on avec l’Université du Luxembourg, permetant ainsi d’apporter un éclairage complémentaire sur les évolu􀆟ons du secteur.
Enfin, un dialogue structuré avec les différentes par􀆟es prenantes a été mis en place. Dans ce cadre, les représentants du Syndicat des villes et communes luxembourgeoises (SYVICOL), des ges􀆟onnaires de services pour jeunes ainsi que du ministère se réunissent régulièrement au sein d’un « Comité de pilotage jeunesse ».
Ce comité cons􀆟tue une plateforme d’échange sur les priorités poli􀆟ques du secteur de la jeunesse, l’élabora􀆟on et la mise en oeuvre du Cadre de référence pour l’éduca􀆟on non formelle (volet « Jeunesse »), le développement et le suivi du « Pacte pour la jeunesse », ainsi que sur les évolu􀆟ons et les besoins du secteur.
Luxembourg, le 28 mai 2026
Le Ministre de l’Éduca􀆟on na􀆟onale,
de l’Enfance et de la Jeunesse
(s.) Claude MEISCH

Äntwert erakomm: 29. Mee 2026